Lorsque l’on envisage de devenir secouriste, on se focalise souvent sur l’aspect technique : saurai-je faire un massage cardiaque ? Est-ce que je retiendrai les gestes ? Rassurez-vous, la technique s’apprend et se répète jusqu’à devenir un réflexe. En revanche, ce qui fera de vous un bon secouriste ne se trouve pas dans les manuels, mais dans votre personnalité. Les associations de sécurité civile (Protection civile, Croix-rouge, FFSS, OPSAN, etc.) recherchent des « savoir-être » ou compétences comportementales (soft skills). Voici les qualités humaines essentielles pour réussir dans cet engagement.
Le sang-froid et la gestion du stress
C’est la qualité primordiale. En intervention, vous serez confronté à l’imprévu, à la douleur des victimes, parfois au sang ou à l’agressivité de la foule. Avoir du sang-froid ne signifie pas ne pas avoir d’émotions ou ne jamais avoir peur. Cela signifie être capable de ne pas se laisser paralyser par ces émotions. Le secouriste est celui qui garde les idées claires et qui agit avec méthode quand tout le monde panique autour de lui. Il doit être le point d’ancrage calme et rassurant au milieu du chaos. Si vous savez respirer un grand coup et réfléchir avant d’agir sous pression, vous avez déjà fait la moitié du chemin.
L’esprit d’équipe absolu
Le mythe du héros solitaire n’existe pas dans le secourisme. Un secouriste ne travaille jamais seul. Dès la formation PSE1, on vous apprend à travailler en binôme ou en équipe constituée. Vous devez être capable de faire confiance à vos coéquipiers et d’accepter d’être dirigé par un chef d’équipe, même si vous n’êtes pas d’accord sur tout. L’ego n’a pas sa place sous l’uniforme. Il faut savoir communiquer, passer les informations clairement et coordonner ses gestes avec ceux des autres pour être efficace. La solidarité est le ciment de la mission : on part ensemble, on intervient ensemble, on rentre ensemble. La parole est toujours donnée en fin de mission pour exprimer son avis, partager son expérience, écouter la position des autres secouristes sur une situation passée, etc.
L’empathie et la bienveillance
On oublie souvent que le « secours à personne » comporte le mot « personne ». La technique médicale est inutile si elle n’est pas accompagnée d’humanité. Une grande partie du travail consiste à rassurer une victime, à lui tenir la main, à lui expliquer ce qui se passe et à écouter sa douleur. Cette écoute active permet souvent de faire baisser la tension plus efficacement que n’importe quel geste technique. Il faut aimer les gens et avoir envie de les aider sans jugement, quelle que soit leur condition sociale ou les circonstances de l’accident.
La rigueur et la discipline
Le secourisme ne laisse aucune place à l’improvisation ou à « l’à-peu-près ». Les protocoles de soins sont stricts car ils engagent la santé des victimes. Il faut être capable de suivre des procédures à la lettre, de vérifier son matériel méticuleusement avant chaque départ en mission et de respecter les règles d’hygiène et de sécurité. Cette rigueur s’applique aussi à la tenue (port de l’uniforme) et à la ponctualité. On attend du secouriste qu’il soit fiable et carré. Cette discipline passe aussi par le sport. La préparation physique est importante pour maintenir une capacité à aider à la marche, brancarder, porter des charges, extraire d’urgence une victime d’un péril et tenir un poste de secours durant plusieurs heures.
L’humilité et la capacité de remise en question
Enfin, un bon secouriste doit être humble. Il faut savoir connaître ses limites. Il faut aussi accepter la critique constructive. Après chaque intervention difficile, un débriefing est organisé pour analyser ce qui a bien fonctionné et ce qui doit être amélioré. Accepter de reconnaître ses erreurs pour progresser est une preuve de grande maturité et de professionnalisme.
Si vous vous reconnaissez dans ce portrait, alors n’hésitez plus. La condition physique s’entraîne, les gestes s’apprennent, mais ces qualités humaines sont le socle sur lequel vous bâtirez votre expérience de secouriste bénévole.
